Affaire Soukoudjou: les hommes politiquent et la societé civile font monter la pression

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Que ce soit Le CODE (Collectif des Organisations démocratiques et Patriotiques des camerounais de la Diaspora), l’assemblée constituante du Laakam, le député Nitcheu, Célestin Bedzigui, la Fondation Moumié, Le Mouvement de Février 2008 au Cameroun, tous ont pris la défense du roi Sokoudjou menacé par le préfet des Hauts-Plateaux.

Dans une lettre ouverte signée et rendue publique le 21 janvier 2021,l’Assemblée constituante de Laakam s’adresse au « gouvernement kamerunais », à la communauté internationale, au « peuple kamerunais » et en particulier, au préfet du département des Hauts Plateaux, Yampen Ousmanou.

« Laakam prend ses responsabilités d’aviser l’administration et toute personne qui d’aventure essayerait d’entreprendre pareille tentative d’assujettissement du pouvoir traditionnel », lit-on.

Le CODE pour sa part dans un communiqué rendu public 21 janvier 2021 « condamne fermement cette attitude de bas étage du Préfet des Hauts Plateaux contre Sa Majesté Sokoudjou Jean Rameau et s’insurge contre le silence complice des autres dépositaires de nos traditions face à cette pratique d’un autre siècle qui contribue à mettre en péril notre patrimoine traditionnel et coutumier. Le CODE considère par conséquent que le Préfet Yampen Ousmanou est un ennemi de la République, et que le peuple doit désormais le traiter comme tel. Le CODE ne tolérera jamais qu’une poignée d’individus, qui n’ont aucun amour pour la patrie et qui se font nommer dans le but d’assouvir leurs ambitions et intérêts personnels, touchent à notre patrimoine traditionnel et coutumier pour donner à un fourbe qui a ruiné notre pays, la possibilité de mourir au pouvoir « .

Pour le Mouvement de Février 2008, « Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la loi du plus fort, où la vertu cède la place à la corruption, où il faut s’élèver contre ceux qui disent la vérité pour espérer une nomination ou une promotion ».

La BAS (Brigade Anti Sardinards), organisation hostile au pouvoir de Yaoundé a elle aussi affichée clairement son soutien au Roi des Bamendjou, dans un communiqué publié le vendredi 22 janvier 2021.

La Bas dans son communiqué dénonce une « tentative de musellement et d’intimidation» contre « les autorités traditionnelles camerounaises. »

La Fondation Moumié quant à elle affirme dans son communiqué que « le Fo’o de Bamendjou, un des lauréats du Prix Moumié pour la résistance en 2010, est un homme épris de paix et de justice, des valeurs qu’il met en pratique autant dans sa vie privée que publique, en promouvant le «vivre-ensemble».

Le chef traditionnel par essence est le leader de la communauté, l’homme le plus écouté, le garant de la tradition dont on attend l’avis lors des palabres organisées en cas de conflit.

Le pouvoir actuel a cherché à soumettre, y compris par la force, les chefferies traditionnelles au pouvoir des administrateurs à sa solde et qui a la base n’ont aucune autorité traditionnelle .

Le Roi Sokoudjou, fait partie des icônes vivantes de la lutte d’indépendance inachevée du Cameroun qui, marqué par plusieurs décennies d’engagement pour un Cameroun meilleur, a refusé de chanter les louanges du pouvoir néocolonial du Cameroun entretenu par des fonctionnaires véreux » ajoute cette organisation.

« Aucune intimidation ne saurait avoir raison de sa détermination à voir naître un Cameroun nouveau et meilleur. En tant que citoyen de ce pays, Sa Majesté est libre de s’exprimer sur les affaires de la République. En tant que Chef traditionnel, il est libre de recevoir qui il veut et quand il veut. Cette tentative de musellement et d’assujettissement du pouvoir traditionnel ne passera pas partout », a soutenu l’honorable Jean-Michel Nintcheu sur sa page Facebook le 22 janvier dernier.

Sur le plateau de « Face à l’Actu » diffusée sur Spectrum Television (STV) ce week-end, le Professeur Jean Bahébeck affirme pour sa part « Que le préfet Yampen Ousmanou aille apprendre ou bien qu’il aille demander conseil au Sultan Mbombo Njoya ». le Pr Jean Bahébeck qui trouve condescendante, la sortie de l’administrateur civil vis-à-vis du monarque de 83 ans. « Que le préfet Yampen aille apprendre ou bien qu’il aille demander conseil au Sultan Mbombo Njoya et j’interpelle aussi le sultan, qu’il conseille son type parce que c’est son sujet », a ajouté le militant de l’UPC.

Pour davantage condamner l’ultimatum du préfet, il prend pour exemple l’attitude du président Paul Biya envers les autorités traditionnelles : « Est-ce qu’il a entendu Paul Biya parler d’un chef de l’Ouest ? On ne parle pas n’importe comment à ces gens-là. Ils sont en même temps une puissance. Ils ont une fonction d’auxiliaires, mais ne sont pas des auxiliaires », a réitéré l’homme politique.

Célestin Bedzigui, par ailleurs Chef Traditionnel Ekang, Président du Parti de l’Alliance Libérale ( PAL), affirme dans une tribune rendue publique ce jour que « L’ autorité traditionnelle administre une justice de conciliation entre les membres de la communauté. Par ailleurs, usant du seul instrument qu’est le respect de ses populations, il veille à la sécurité des personnes et des biens en rappelant quand cela est nécessaire l’observance des règles de la convivialité clanique et de parenté. Voilà les deux champs exclusifs et limités dans sur lesquels se définit et s’exerce la fonction  » d’auxiliaire de l’administration ». Cette dénomination ne saurait absolument légalement déborder sur les autres champs comme veulent l’imposer certains zélés carriéristes en mal de voies et moyens de se faire remarquer par leur hiérarchie. »

Rappelons qu’il y a de cela deux semaines, le Roi Sokoudjou a été l’invité du programme dominical « Face à la vérité » d’Equinoxe Tv. Toujours avec son franc-parler, l’autorité traditionnelle a dénoncé ce qui pose problème au Cameroun. Entre autres, il a parlé de la crise anglophone, de la question relative à l’alternance au pouvoir. Il a déclaré que le Chef de l’Etat avait abandonné son peuple.

Suite donc à son passage dans ce programme, le préfet des Hauts-Plateaux de l’Ouest a cru bon de mettre en garde le Roi Sokoudjou

REF: camer

1 COMMENT

  1. Monsieur,

    Pour manipuler des concepts compliqués tels la ponirique, il faut commencer par bien s’exprimer dans la langue choisie.
    Ainsi, « hommes politiquent » entitre ne donne guère envie de, aller plus loin.

    Si vous choisissez d’indexer dans votre propos l’entité géopolitiquement reconnue par la communauté internationale comme État Indépendant sous le dénomination Cameroun, et ses ressortissants comme « camerounais » pourquoi ne pas vs en tenir là?

    Vous évoquez égaliment la terminologie « roi » concernAntoine le chef de ce village.
    Doit-on vous rappeler que Cameroun est une république?
    Par ailleurs, que dire de vos références condamant l’acte du Préfet?

    La loi fixant organisation et fonctionnement de la chefferie traditionnelle au Cameroun fait du chef de 2nd degré un oxcilliaire de la préfectorale.

    À ce titre, le Préfet d’un Département ne doit certes pas empêcher un chef de tenir des réunions publiques mais doit le soumettre à l’obligation, tel que prescrit par les lois camerounaises à en faire une déclaration préalable auprès d’un des collaborateurs du Préfet (un S/Présentation en l’occurence), en déclinant soigneusement les objets, lieux, dates, début et fin de ladite réunion ainsi que les participants, sans oublier de prendre l’engagement de prendre des dispositions de non-trouble à l’ordre public.

    Il ne suffit enfin pas de faire partie du LAACAM pour prendre parole au nom de cette institution la seule autorité compétente à d’ailleurs donné raison au Préfet, votre chef agissant maintenant en chef de mouvance politique.

    Il faut ne pas non plus oublier que la préfectorale découle en droite ligne du Minat, qui gère cultes, traditions et associations.

    En République l’on doit veiller au respect des lois.

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