Nommé à la faveur d’un décret rendu public le vendredi 04 janvier, Joseph Dion Ngute, le nouveau Premier ministre du Cameroun et sa nouvelle équipe viennent de prendre officiellement fonction. Ils auront pour mission de conduire à bien de nombreux chantiers engagés sous l’ère Yang. Crise anglophone, mise en place d’une couverture santé universelle, réformes institutionnelles et poursuite des grands chantiers infra-structurels, notamment ceux liés à la CAN. Focus sur ces dossiers déjà sur la table du Gouvernement.

Le nouveau Gouvernement était attendu avec beaucoup d’enthousiasme par les Camerounais. Lundi 7 janvier, la nouvelle équipe gouvernementale a officiellement pris fonction. Conduite par Joseph Dion Ngute, elle arrive au moment où les mutineries gagnent du terrain dans le cadre de la crise anglophone. La situation économique et sociale du pays est également peu reluisante. Rendu à une ère dite des “Grandes opportunités” selon le Chef de l’Etat Paul Biya, il sera question pour cette équipe de rendre perceptible ces différentes promesses longtemps annoncées par le Président de la République. Il s’agit surtout de conduire le pays vers l’émergence. Pour cela, plusieurs mesures ont été entreprises jusqu’ici. Dans l’immédiat, il faudra les évaluer, avant de les poursuivre afin de leur donner de nouveaux objectifs. Et si possible d’opérer de nouveaux changements pour conduire à bien ces initiatives élaborées à long terme.

L’urgence d’un retour au calme dans la partie anglophone

L’équipe Dion Ngute devra dans un premier temps aller au front de la restauration de la paix dans la partie anglophone du pays en proie à une crise socio-politique depuis octobre 2016.

Le malaise est grandissant. Les Camerounais attendent toujours des actions fortes pouvant garantir un retour au calme dans cette partie du pays où des pertes économiques et humaines vont grandissantes. Des jeunes camerounais engagés dans des milices au nom des revendications sécessionnistes succombent aux balles des forces armées tous les jours dans cette partie du pays qui prend peu à peu des allures d’un Far west. Dans le même temps, des militaires et autres membres des corps armés du pays sont décapités en mondovision par ces Camerounais qui se sont radicalisés au prix “d’une liberté” qu’ils revendiquent.

D’un point de vue économique, une étude du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) sur les pertes économiques liées à la crise anglophone chiffrait à 2,153 milliards FCFA les pertes enregistrées en termes de destruction de biens immobiliers, du fait du conflit armé et du vandalisme qu’occasionne cette crise. Le même rapport chiffre à 269,056 milliards FCFA le manque à gagner en termes de chiffres d’affaires pour plusieurs entreprises situées dans la région concernée. A ce jour, près de 8 000 emplois relevant du secteur formel et informel sont menacés dans cette partie du pays selon le Gicam.

D’importantes solutions sont attendues ici dans la perspective de voir un retour au calme qui aura pour corollaire la relance de l’économie de ces régions, la reprise des cours dans les différents établissements scolaires abandonnés, pour ne citer que cela.

Réduire le gap infrastructurel du pays

Dans ce domaine, sont concernés les multiples chantiers routiers en cours d’exécution mais aussi ceux en projet. Il s’agira donc pour le Premier ministre et les chefs de départements ministériels concernés de booster la mise en place de plusieurs projets structurants pour le pays. Entre autres, il s’agit du projet de construction de l’autoroute Yaoundé-Douala. “La construction de cette infrastructure qui a démarré en octobre 2014 peine à cause d’un problème d’indemnisation des populations qui se trouvent sur le tronçon de cette voie” confie un cadre au ministère des Travaux publics. Ainsi, il est question pour l’Etat de dédommager les riverains de cette zone avant de poursuivre les déguerpissements et les travaux.

Comme cette infrastructure routière, trois autres sont en cours de construction parmi lesquelles l’autoroute Douala-Limbé, la boucle autoroutière Kribi-Lolabe, l’autoroute Yaoundé-Nsimalen. D’autres infrastructures dans de transport telles que la Ring-road, le projet de chemin de fer devant relier les villes de Ngaoundéré et N’djamena au Tchad sont également attendus.

Toujours en matièred’infrastructures,

des attentes se font aussi en matière de poursuite des nombreux chantiers entamés pour l’organisation de la CAN au Cameroun. Il est aussi attendu la livraison des nombreux projets de barrages hydroélectriques en cours de réalisation.

Le pari de l’avènement d’une université numérique au Cameroun

En matière d’éducation, l’un des plus importants chantiers est celui de la concrétisation du projet e-national higher education network. Evalué à 75 milliards de FCFA, ce projet vise l’édification d’une Université camerounaise de 3e génération. L’objectif ici est d’une part; de donner une meilleure visibilité cybernétique aux universités camerounaises et, d’autre part de permettre l’appropriation et la généralisation des nouveaux modes d’enseignement et d’apprentissage basés sur les TICE (E-Learning). Les différentes étapes que devra superviser au plus haut niveau le Premier ministre et le ministre de l’Enseignement supérieur sont : le suivi du processus de distribution de 500 000 ordinateurs aux étudiants camerounais, la construction, l’équipement et la mise en exploitation d’un Centre de développement du numérique universitaire et du Data center universitaire national pour ne citer que ces deux composantes.

Le casse-tête de la mise en place d’une Couverture santé universelle

La nouvelle équipe gouvernementale devra aussi faire face à la difficile équation relative à la mise en place d’une couverture sanitaire au Cameroun .Évaluée à 1300 milliards de FCFA, cette couverture santé universelle devra fournir aux Camerounais un kit de base de soins et de services composés de 185 interventions et de 101 sous interventions. Il sera donc question pour les autorités concernées par ce projet d’évaluer ce qui a déjà été fait mais aussi de mener une solide réflexion sur les modalités de financement de cette couverture sanitaire sur le long terme. Comme l’expliquait le Directeur de de la Cnps devant des députés et autres experts réunis le 13 novembre 2018, à l’hémicycle de l’Assemblée nationale «il faut penser un mode de financement prudent, réaliste et supportable par tous les acteurs [impliqués dans ce processus] ».

Relancer durablement l’économie

Sur le plan économique, la nouvelle équipe gouvernementale devra multiplier des efforts pour ajuster la finance locale et s’arrimer à la Fintech qui gouverne la finance mondiale. Dans le même sens, une part belle devrait être accordée à la modernisation de l’agriculture. L’accent sera mis sur la multiplication de la production, la diversification des différentes récoltes. Selon le Chef de l’Etat dans son discours à la nation le 31 décembre, il faudra terminer de rédiger les grandes lignes de cette « révolution agricole » qui avaient été définies au comice d’Ebolowa 2011.

L’équipe que dirige Dion Ngute devra aussi tout mettre en œuvre pour donner une véritable impulsion à l’industrialisation du pays. Cela passera par la relance des travaux de construction des barrages hydroélectriques pour répondre aux besoins de l’agro-industrie qui doit se mettre en place. De nombreux projets tels que celui de la construction d’une usine de montage de véhicule brandi par la Cameroon Automotive Holding Company auront l’occasion de se voir relancer. Aux dernières nouvelles, une emprise de plusieurs hectares avait été mise à la disposition de cette entreprise au sein du Port en eau profonde de Kribi.

Un accent particulier devra aussi être mis sur les modalités de financement de ces différents projets du gouvernement. Comme conclu en 2017 avec le Fonds monétaire international (Fmi), le gouvernement pourrait être pelé à lorgner toutes les possibilités d’obtention de prêts vers des institutions financières qui pratiquent des taux concessionnels plus accessibles.

En outre, la nouvelle équipe gouvernementale devrait poursuivre la mise en œuvre du programme de Facilité élargie de crédit (FEC) entamé avec le Fonds monétaire international. Il s’agit d’un programme qui prévoit la mise en œuvre d’un certain nombre de réformes budgétaires et un appui budgétaire global d’un montant de 680,7 millions de dollars US (environ 378 milliards FCFA). Ce programme est conçu pour soutenir les programmes économiques des pays qui visent à rétablir la stabilité et la viabilité macroéconomiques tout en favorisant une croissance vigoureuse et durable et la réduction de la pauvreté.

source http://www.camerounlink.com/

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