Voici pourquoi le programme de Maurice Kamto a échoué

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Ce matin un ami m’a envoyé cette note en dessous que Célestin Monga a postée sur sa page Twitter il y’a deux jours – Célestin Monga, un ainé intermédiaire comme Kamto, qui ici dit merci nommément et directement à tous ceux qui avaient mené la campagne pour sa libération quand en prison – y compris Issa Tchiroma! – mais qui lui-même a la particularité de n’avoir rien, je dis bien rien fait, pour la libération de Kamto, par exemple. Dans cette note écrite exactement trente (30!) ans après sa libération, Célestin Monga remercie donc nommément et directement tous ceux qui s’étaient battus pour sa libération en 1991. Ce qui est extraordinaire c’est :

1) qu’il remercie ces gens, car c’est une chose que les Francophones ne font pas, et l’exemple devant nous tous, c’est évidemment Maurice Kamto.

2) qu’il le fasse trente ans après, dans une note qui est une sorte de mea culpa public, ou comme il dit lui-même, une ‘reconnaissance de dette’.

Je trouve ces deux choses extraordinaires, et je crois tout Bangangte, c’est-à-dire. Toute personne habituée à la culture des compliments, trouvera ces deux choses extraordinaires, surtout parce que Célestin Monga est un produit de l’espace public camerounais, littéralement. Malgré son bruit national, sa renommée publique en fait se limite au Cameroun aujourd’hui encore. Qu’est-ce qui a donc fait que, trente ans après sa libération se souviennent qu’il lui fallait dire merci à ceux qui avaient œuvré à sa libération? Qu’est-ce qui l’a poussé chez lui dans le Massachusets, à le faire? De 2005 à 2014, pour toutes les campagnes de libération de prisonniers que j’ai menées, j’ai toujours demande à Célestin Monga de mettre son nom sur la liste de défense de ceux pour qui je me battais. Sa réponse a toujours été la même: non. Et sa raison était qu’il travaille à la Banque mondiale. Je lui disais, moi je travaille aux Etats-unis, ou est le problème? Il me sortait des discours toujours différents les uns des autres.

La conséquence est qu’il n’a jamais soutenu personne, personne, depuis sa sortie de prison il y’a trente ans là. Et depuis, le Cameroun est devenu un Etat carcéral. Avez-vous vu Monga soutenir les Ambazoniens en prison? Non. Avez-vous vu Monga soutenir Maurice Kamto? Non. Avez-vous vu Monga soutenir les Bamiléké comme lui jetés en prison à la pelle? Non.
Nous avons ici une culture absolument nocive, toxique dont Maurice Kamto est la courroie de transmission, et j’écris ici la chronique de son échec programme. Demandez-lui si ses phrases sont trop intelligentes pour remercier aujourd’hui les activistes de JSK, de GCTV – puisqu’il ne l’a jamais fait. Dans son texte, Monga lui a donné le chronogramme: il le fera dans trente ans lui aussi.

Aujourd’hui, lui et les gens du MRC disent que c’est Emmanuel Macron qui l’a libère – eh bien qu’attend donc Macron pour aussi libérer son porte-parole et ses militants en prison? Quelle est cette mentalité donc, vous direz? C’est la culture des ainés intermédiaires – la culture de l’ingratitude qui, au fond, est celle de Paul Biya. Voyez comment Paul Biya a traite Ahmadou Ahidjo qui pourtant lui a tout donne. Même culture du bahat: traverser le pont qui a été bâti pour vous, et casser le pont afin que personne d’autre ne traverse. Pire: revenir trente ans après regarder si le pont s’est reconstruit seul, et dire merci rapidement, quand on se rend compte que la rivière est devenue plus furieuse. Je me suis toujours demande vraiment d’où ça vient cette mentalité, car voyez-vous, étant donne que je connais Célestin Monga, quand j’avais été arrête, mon tout premier réflexe aurait du être de l’appeler, ou du moins de le faire appeler. Mais je ne pouvais évidemment pas poser ce geste, parce que je connais l’individu. J’ai donc plutôt appelé des gens de mon âge, des cadets, et c’est ainsi, par leur industrie, par votre industrie, que j’ai été libéré de prison, en 21 jours. Achille Mbembé, l’autre aine intermédiaire, ami de Monga qui va au pays en se cachant, quant à lui, était bien heureux de me voir en prison, tout comme surpris sans doute que j’en sorte sans son industrie. Mais c’est cela les aines intermédiaires que nous avons. Le mot pour les résumer, c’est le bahat, le bahat, le bahat. Maurice Kamto est, et chacun l’a vu depuis sa sortie de prison, de la même culture. Gros mots, grands diplômes, mais pourri à l’intérieur, pourri dans la poitrine. Absolument pourri, et c’est là, c’est là ce que les Grecs appelaient hybris, et que notre frère Jean Bruno Tagne a si bien résumé: programme pour échouer. Car c’est tragique, au fond.

Pourquoi donc est-ce être programme pour échouer? Parce que plus que le SIDA ou Covid, l’ingratitude est le frein de tout engagement. C’est ce qui en fait refroidit tout activiste. Imaginez donc moi-ci en prison, puis-je même si j’étais prêt à être condamné à mort, appeler Maurice Kamto? Je dis bien jamais. Puis-je appeler Célestin Monga? Je dis bien jamais. Et la raison est dans les trente ans que Monga a pris pour dire merci, tout comme elle est dans le fait que Kamto n’aie jamais dit merci à JSK ni à GCTV. J’ai toujours trouve intéressant qu’il y’ait des Camerounais – Francophones -, qui disent: Patrice, tu as fait ta part, laisse tomber, passe dessus. Mais c’est qu’ils ne comprennent pas justement de quoi il s’agit. Il s’agit du programme de l’échec, de la teleologie de l’échec justement qui fonde le découragement au bout de campagne, qui fonde l’isolation au bout de l’activisme, qui en fait, ne plante que l’échec. Car comment bâtir un élan de solidarité, quand celui pour qui on se bat-la, le prend comme une évidence qu’on devrait le faire? Manque d’empathie, on dirait aujourd’hui, mais c’est pire. C’est la cécité devant l’essence de tout engagement, car cette essence, c’est la générosité politique. Je n’ai pas dit l’offrande, les dons, le genre de choses que Maurice Kamto fait avec les Anglophones par la Fondation Ayah, à qui il donne des plats de nourriture. Non, je parle de générosité politique qui est une structure d’action, et celle-ci doit encore être enseignée a nos aines intermédiaires. Maurice Kamto ne l’a pas encore compris, manifestement mais trente ans après, Célestin Monga semble l’avoir compris. Enfin.

Trente ans apres.

REF:https://www.camerounweb.com/

1 COMMENT

  1. L’auteur de ce faux article qui n’est autre que le nabot intellectuel Patrice Nganang a vraiment besoin d’un psychiâtre. Il n’est pas possible d’expliquer autrement son obsession qu’il affiche à l’égard des grandes pointures de l’intelligentsia camerounaise, dont il est si violemment jaloux. Le pauvre Nganang : il sait que jamais il n’atteindra la reconnaissance intellectuelle. Alors, il passe son temps à insulter, calomnier, débiter des inepties et des mensonges grossiers, quand il n’appelle pas au génocide des membres de la communauté Beti. Un véritable petit malade mental. C’est d’ailleurs ce qui le protège, puisque personne ne fait attention à ses délires.

    Tous ceux qui suivent le parcours et la production intellectuelle de Célestin Monga savent bien que dès le jour de sa sortie de prison en janvier 1991, il avait remercié en public tous ceux qui s’étaient battus pour sa libération. Il avait dit à une réunion publique organisée à Intellar- Akwa par Djeukam Tchameni. Il a ensuite écrit des tas d’articles dans Le Messager, Challenge Hebdo, La Nouvelle Expresseion, pour reconnaître sa dette.

    Monga a publié des tas de livres que Nganang n’a pas dû lire (à cause de son illetrisme), livres dans lesquels Monga reconnaissait sa dette et remerciait les organisations comme l’OCDH de Charles Tchoungang et Lapiro de Mbanga, le SDF et CAP Liberté de Djeukam Tchameni, qui avaient mobilisé les populations.

    Nganang n’a pas dû lire « Anthropologie de la colère de Monga », paru en 1994, et racontant toute cette affaire.

    Nganang n’a pas dû lire non plus « Un Bantou à Washngton », sorti en 2007, dans lequel Célestn Monga remercie les Camerounais et reconnaît sa dette.

    Monga n’a donc pas attendu 30 ans comme le prétend Nganang, le Pygmée de la plume génocidaire.

    Célestin Monga et Achille Mbembe n’ont pas attendu Nganang pour mettre leurs carrières et leurs vies en danger pour dénoncer l’oppression au Cameroun. En 1985-1986, alors qu’ils étaient étudiants à Paris, is ont publié chacun des ouvrages interdits au Cameroun : « Ecrits sous maquis d’Um Nyobe » de Mbembe, et « Cameroun, quel avenir » de Monga. Depuis bientôt 40 ans, praqtiquement lorsqu’ils étaient des gamins, Monga et Mbembe ont pris des risques et placé la barre très haut. Ils n’ont jamais varié. Ils n’ont jamais changé, Ils ne se sont jamais fait acheter par le régime Biya, dont Maurice Kamto a été le ministre délégué de la Justice pendant plus de 7 ans…

    Il ne faut donc pas essayer de dire des bêtises comme le fait Nganang le pygmée intellectuel que la jalousie rend encore plus petit.

    Mbembe n’a jamais cessé de dénoncé l’autoritarisme qu Cameroun. Il se bat depuis 40 ans, sans discontinuer. Il a d’ailleurs demandé la libération de Kamto et des autres (ceci contrairement à ce que raconte Nganang).

    Monga a publiquement demandé la libération de Nganang à l’époque où ce dernier était en prison. Il suffit de regarder son compte Twitter. Monga a demandé aussi la libération des prisonniers anglophones, de Kamto, de Michelle Ndoki, d’Ayuk Tabe, etc. Il l’a fait alors qu’il était vice-président de la Banque africaine de développement. Monga a donc violé le devoir de réserve que lui imposait sa fonction, parce qu’il tenait à se sprincipes éthiques. Ce que le petit Nganang ne dit pas, c’est que l’appel de Monga pour la libération de Kamto et consort avait causé la fureur du président nigerian de la BAD, qui s’en était plaint officiellement au conseil d’administration et demandé le départ de son vice-président. Tout le monde le sait. Le petit Nganang aurait-il abandonné son poste d’enseignant de « littérature » dans une université obscure de troisième zone pour demander la libération de ses compatriotes ? Certainement pas. Il est plus facile de passer son temps à déverser son médiocre venin sur la réputation des vrais intellectuels camerounais auxquels Nganang n’arrive pas à la cheville. Ayons pitié de lui.

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