La circulaire du secrétaire général du comité central (SG/CC) à propos ne tranche pas le débat entre les primaires et les investitures au sein du parti au pouvoir.

C’est un pistolet à double gâchette. Une investiture impulsée par deux commissions. L’une de présélection et d’investiture, et l’autre de contrôle et de supervision. C’est dire que la hiérarchie du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) aborde ces élections n’a pas réussi à trancher le débat entre ceux qui souhaitaient que l’on procède aux primaires et d’autres qui penchaient pour des investitures comme il est de coutume depuis 2007.

La patate chaude a été refilée au SG/CC. En lui indiquant dans ses circulaires relatives aux opérations d’investiture [des candidats du RDPC] à l’élection des députés à l’Assemblée nationale et des conseillers municipaux du 9 février 2020 qu’il y aurait deux commissions opérationnelles à propos.

Des instructions répercutées par Jean Kuete dans une note synthétique rendue publique le 15 novembre 2019. Dans laquelle on observe la mise en place d’une commission « de présélection et d’investiture » et une autre de « contrôle et de supervision ».

Pour ce qui est de la première, M. Kuete lui attribue la gestion de « l’opération principale et déterminante d’établissement des listes consensuelles avec le concours des militants à la base dans une circonscription électorale ».
Derrière cette attribution transpire le rôle primordial des « militants à la base ». « Mais il est difficile à cerner », s’exclame un militant.

Qui poursuit : « En attendant de voir ce que la hiérarchie met dans « avec le concours des militants à la base », cette première étape a tout l’air de primaires ». Une étape au cours de laquelle il sera d’abord question de « valider la répartition des sièges des conseillers municipaux et de députés » avant « l’établissement des listes consensuelles ».

Selon des sources militantes, « la priorité est donnée aux responsables en fonction surtout dans les communes. Ainsi, le maire sortant devrait toujours avoir le plus grand nombre de conseillers municipaux ». Une information qu’aucune source contactée au sein du secrétariat général du comité central du RDPC n’a confirmée. Ni infirmée d’ailleurs. Laissant planer le doute sur cette opération. Mais le directeur des organes de presse du RDPC se veut précis sur ce point.

Dans un éditorial, intitulé « Candidat contre candidat », publié le 16 novembre 2019 sur le site web de L’Action, le journal de ce parti politique, Christophe Mien Zok indique : « Pour les inconditionnels des primaires, elles auront bien lieu en cas de blocage ou d’absence de consensus mais elles se feront candidat contre candidat et non liste contre liste. La candidature individuelle appartient au militant et la liste est l’émanation voire la propriété exclusive du parti ».

Toujours est-il que, selon les militants de base, les délais sont très courts pour les mobiliser afin qu’ils participent à ces premières opérations de tri. Au cours desquelles le président national du RDPC n’a pas trouvé superflu de préciser que « nul ne peut être candidat en même temps à l’élection législative et à l’élection municipale ».

Paul Biya est allé plus loin pour prévenir des comportements qui ont souvent empêché l’expression de la base : « La participation à une commission de présélection ou d’investiture est incompatible avec la qualité de candidat dans la circonscription électorale concernée ».

Contrôle et supervision

Si ces règles établies sont respectées, la seconde commission, dite de contrôle et de supervision, n’aura plus qu’à « encadrer les opérations de sélection » et « vérifier la réalité du consensus des listes ». Un travail qui s’apparente bien aux investitures en vigueur depuis 2007 au sein de cette formation politique.

« La pratique est généralement à la correction des injustices sociales faites, si on peut ainsi les appeler, en instances », justifie un cadre du comité central du RDPC. Qui poursuit : « c’est ici que tout se joue ».

Une allusion qui pousse le SG/CC à avertir que la corruption sous toutes sera source de disqualification des candidats qui s’en seront rendus coupables, complices ou bénéficiaires. Une posture de la hiérarchie de ce parti qui cible les élites qui veulent souvent positionner leurs pions dans certaines communes afin de contrôler la base militante. Et les finances communales avec lesquelles leurs protégés prennent certaines libertés avec leur onction.

En effet, il est souvent reproché à ces « élites » (ministres, directeurs généraux de sociétés d’Etat et assimilés, de s’incruster dans le jeu politique local au détriment des intérêts des populations locales. Depuis un certain temps aussi, l’on voit apparaître une classe d’opérateurs économiques qui assujettit le RDPC à ses quatre volontés en introduisant des candidatures douteuses, litigeuses, contre la promesse, voire la mise à disposition, d’espèces sonnantes et trébuchantes surtout au cours de « meetings de collecte de fonds pour soutenir les activités du parti, notamment les élections ».

Dans une formation politique dont la tenue de la comptabilité n’est pas un exercice prisé, l’on se doute bien que « les actes de corruption sous toutes leurs formes » soient réprimandés. « Il sera difficile de disqualifier des candidatures venant de ceux qui pompent l’argent dans le parti.

Dans certaines Régions, comme chez moi à l’Est, les activités politiques, les activités du RDPC tout court, ne reposent que sur une élite politico-administrative. Il devient alors quasi-impossible défaire sans elle », se désole un homme politique originaire de l’Est. Et cette vérité est la même presque partout au Cameroun.

« Avec quelques variantes pour certaines régions », reconnaît un responsable politique de l’Ouest. Mais Christophe Mien Zok tempère : « La volonté des instances dirigeantes du parti s’exprime ainsi clairement en direction de tous ceux qui veulent prendre en otage le parti en voulant imposer des primaires liste contre liste avec l’intention de lui faire du chantage afin de contrôler par l’argent et la corruption la désignation des Maires ou l’élection au bureau de l’assemblée. Le point d’équilibre, un savant dosage est ainsi trouvé entre les primaires pures et les investitures strictes ».

Source: camerounweb.com

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