Pourquoi Veolia veut créer avec Suez un champion mondial de la transition écologique

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    Veolia et Suez formeront-ils le champion tricolore capable de répondre aux immenses besoins de services à l’environnement exprimés dans le monde entier par les villes? Pour le PDG de Veolia, Antoine Frérot, à l’origine du projet de mariage avec son grand rivla français, ce rapprochement va dans « le sens de l’histoire ».

    Il a remis, hier dimanche 30 août à Engie, grand actionnaire de Suez, une offre ferme à 2,9 milliards d’euros, portant sur l’essentiel de sa participation, soit 29,9% du capital. Veolia, déjà numéro un mondial des services à l’environnement (eau, déchets, recyclage, énergie), et Suez, numéro deux, affichaient l’an dernier un chiffre d’affaires cumulé de quelque 45 milliards d’euros.

    Les enjeux liés à la dépollution de sites, d’une meilleure gestion de l’eau, au recyclage des déchets de tout type sont universels et préoccupent tous les responsables de collectivités dans le monde.

    Sur fond de réchauffement climatique et de préoccupations environnementales croissantes, Veolia voit la demande croître, qu’il s’agisse d’eau, de traitement des déchets ou de gestion de l’énergie. Au total, un secteur à 1400 milliards d’euros annuels.

    Le secteur reste très émietté, et la nouvelle entité représenterait encore moins de 5% de parts de marché au niveau mondial. « Sur un marché mondial, la taille est capitale pour financer les installations, et aussi financer toutes les solutions encore à imaginer ».

    Pour devenir à terme un champion français de la transition écologique, le futur groupe ne devra pas compter que ses actifs dans la gestion des déchets ou l’assainissement. Il devra aussi parier sur les innovations de rupture comme la capture du carbone, ou le recyclage de matières pas encore recyclables ou encore la gestion du recyclage de métaux rares extraits des déchets de produits électroniques, en forte expansion.

    La logique du rapprochement entre les deux groupes français, très dominateurs sur le marché français de la distribution et de l’assainissement, implique, pour des raisons de concurrence, qu’une partie de cette activité soit cédée.

    Veolia indique avoir déjà identifié un acquéreur pour les activités de Suez Eau France, en la personne de Meridiam, entreprise française de gestion d’infrastructures, qui s’est engagée à cette acquisition, pour un montant non divulgué.

    Antoine Frérot a également précisé que l’intégralité des activités qui ont besoin d’être cédées pour répondre aux problèmes de concurrence représentaient quatre milliards d’euros de chiffre d’affaires.

    Pour le reste, les activités respectives de services à l’environnement de ces deux groupes sont, soit complémentaires, soit pas assez dominatrices pour menacer la concurrence sur le marché français, sauf peut-être dans le cas de certains actifs dans les déchets.

    D’ailleurs, durant l’été, Suez était entré en négociations exclusives avec Veolia et sa filiale Société d’assainissement rationnel et de pompage (SARP), pour la vente de sa filiale Osis (2500 salariés). Celle-ci est spécialisée dans les services d’assainissement et la collecte des déchets liquides, le nettoyage industriel et l’hygiène des bâtiments. En 2019, Osis a réalisé un chiffre d’affaire d’environ 311 millions d’euros.



    SOURCE: https://www.w24news.com

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