Cameroun-Secrets de Palais: Voici pourquoi les menaces de Kamto font trembler Etoudi, Ngoh Ngoh et Cie paniquent

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    Les partisans du régime de Yaoundé sont inconsolables depuis la sortie le 24 aout sur fond de durcissement de ton de Maurice Kamto : ils admettent volontiers que la résolution de la crise anglophone fasse partie des priorités, et qu’un acteur non négligeable de la scène politique puisse préconiser que leur code électoral qui fait des élections de simples balades de santé pour le Rdpc fasse l’objet de “retouches”.

    Ce qu’ils ne veulent pas, cependant, c’est que Maurice Kamto en fasse une condition sine qua non à la participation du MRC à toute opération électorale au Cameroun, et surtout, qu’il menace d’en appeler à une vaste réaction populaire contre le régime si l’une quelconque des élections prévues par les lois du pays devait se tenir avant que le pouvoir ait satisfait au moins aux deux exigences mentionnées supra.

    Selon eux, ce n’est ni plus ni moins qu’un appel au renversement des institutions qui appellent de la part des pouvoirs publics une réaction forte de type arrestation-condamnation-emprisonnement longue durée. « Kamto n’a pas le droit de lancer un ultimatum », crient-ils en chœur, en mode remake de l’attitude qu’ils avaient adoptée quand, fin mars dernier, Maurice Kamto avait exigé que Biya soit produit sous huitaine aux Camerounais laissés à eux seuls face au Coronavirus, « faute de quoi le peuple camerounais sera en devoir de constater sa défaillance et d’en tirer toutes les conséquences politiques. ». On se souvient qu’à l’époque, après avoir agoni le leader du MRC d’injures, après que le “gromologue” de service du Rdpc a inutilement dispensé ses cours magistraux de « savoir parler et écrire le français », ils s’étaient quand même résolus à produire un Paul Biya vidéographique, twitté et facebooké, sans masque facial anti-Covid-19, et aux côtés de l’ambassadeur de France à Yaoundé, pour faire crédible.

    Il restait bien entendu que cette forme de production du président de la république était une manière de pied de nez aux Camerounais qui le réclamaient comme n’importe quel groupe humain demandant après son chef disparu des radars, en l’occurrence dans une situation difficile qui requiert que la conduite à tenir soit prescrite d’en haut. Les Camerounais voulaient leur président, Maurice Kamto avait donné de l’écho à cette aspiration.

    Or au Cameroun, on ne fait pas droit aux aspirations du peuple. Ce serait un aveu de faiblesse que de le faire ; ce serait donner le sentiment criminel que le peuple est au-dessus du dieu président de la République et de son administration ; ce serait faire comme si l’armée, la police, la gendarmerie, la justice et autres étaient au service du peuple et non l’inverse.

    A la limite, on tire sur les citoyens, on les emprisonne, et même quand ils sont en prison on fomente des mutineries qu’on leur impute, on les extrait des prisons pour des centres de torture, on incendie leurs maisons et champs, on abat leurs enfants devant eux, on fait nager des femmes dans des mares fangeuses, on fait chanter sous la contrainte des étudiants que le CEPE de quelqu’un qui tient la Kalach dépasse de loin le baccalauréat et la licence ; on leur dit qu’ils ne sont au total qu’un morceau de sucre qui ne peut en rien changer la saveur d’une bassine d’eau, on fait comprendre à des citoyens qui ne demandent pas plus que la justice pour tous qu’ils sont d’une ethnie ou d’une aire linguistique qui n’accèdera jamais au pouvoir…, bref, que le président de la République est Dieu avant le Dieu d’Abraham Isaac et Jacob et autres Muhamed ;

    on leur dit que quand ce mortel qui chie, pisse, éternue, tousse, tombe malade comme tous les autres mortels a décidé de quelque chose, tous les autres mortels doivent se plier en quatre… pour exécution.

    Et si les citoyens se lèvent et prennent des armes pour se défendre contre l’oppression, des imbéciles qui ne supportent pas seulement qu’on les contredise, mais qui pensent qu’il est plus facile à leur prochain d’accepter qu’on abatte son fils, sa fille, son frère, son père, sa mère, son voisin, sous prétexte de maintien de l’ordre public, vous diront qu’on ne demande pas à l’Etat de se désarmer devant des terroristes, alors qu’il suffirait que l’Etat, qui a poussé des citoyens jadis normaux et fuyant devant le bruit à peine audible d’un pétard mouillé en des terroristes se délectant du bruit des armes à feu comme de la mélodie envoutante du tube le mieux élaboré de l’année, fasse justice en déposant le premier les armes qu’il était le premier à lever.

    L’habitude étant une seconde nature, qui plus est pour le régime accoutumé à tester la capacité des Camerounais à se révolter contre l’avanie et l’infamie, nul doute que les exigences rappelées lundi par Maurice Kamto, dont il est indéniable que tous les Camerounais partagent le bien-fondé, ne serait-ce qu’en raison de leur justesse, vont pousser le régime à défier une fois de plus, les Camerounais en convoquant le corps électoral. Cela pourra être la fois de trop, car, semble-t-il, il ne sera plus besoin que les Camerounais soient appelés à aller à l’assaut de leur “Bastille”. Bien plus, il est de plus en plus certain que ceux qui servent souvent de paravent au régime sont désormais plus que jamais sensibilisés que la lutte essentiellement pacifique du peuple camerounais pour sa libération ne se fait pas contre eux, mais pour eux aussi, et que ceux qui viendront y mettre de la violence en répondront devant l’histoire, avec toutes les conséquences de droit que cela emporte. D’ailleurs pour mieux mettre chacun devant ses responsabilités, Maurice Kamto a mis en évidence dans un tweet, les quatre points majeurs ci-dessous de sa déclaration faite lors de son point de presse du 24 aout 2020.

    “????Notre combat contre la dictature s’achemine vers sa phase critique. Je demande aux forces de sécurité et de défense, aux autorités administratives et judiciaires de comprendre que cette lutte est notre devoir commun, celui de donner à la jeunesse et au pays une chance.

    ????Nous voulons nous sortir de la dictature du régime qui étouffe notre pays par la lutte pacifique. Dans cette lutte décisive, la violence ne pourrait donc être que le fait de Monsieur Paul BIYA et de son régime, et ils en porteraient l’entière responsabilité.

    ????Toute convocation du corps électoral avant la résolution de la crise anglophone et la réforme consensuelle du système électoral actuel, emportera AUTOMATIQUEMENT le lancement d’une gigantesque campagne nationale d’APPEL AU DÉPART PUR ET SIMPLE DE M. PAUL BIYA DU POUVOIR.

    ????Camerounais de l’intérieur et de la diaspora, tenez-vous prêts! Ne soyons plus otages de M. BIYA et son régime. N’acceptons plus d’être l’objet de moqueries des autres Africains! Si l’heure est arrivée, alors elle est arrivée! Je ne vous trahirai pas! Dieu bénisse le Cameroun!


    SOURCE: https://www.w24news.com

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